J-76 —
Business & ventes
Et si mon plus gros problème, c'était moi ?
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Deux semaines de Challenge120K. Et si mon plus gros problème, c'était moi ?
Voilà deux semaines que j'ai lancé mon Challenge120K : générer 120'000 CHF de chiffre d'affaires supplémentaire en 90 jours.
Deux semaines à documenter mes journées, mes rendez-vous, mes ventes, mes réussites et mes difficultés.
Et aujourd'hui, j'ai envie de parler d'un problème que beaucoup de dirigeants de petites entreprises connaissent probablement.
Je suis tellement occupé à travailler pour mes clients que je n'arrive plus à travailler pour ma propre entreprise.
Et pourtant, je sais exactement ce que je devrais faire.
180 clients. Et toujours aucun appel.
Chez igeneve, nous avons une liste d'environ 180 clients que j'aimerais personnellement recontacter.
Pas forcément pour leur vendre quelque chose.
Simplement pour prendre de leurs nouvelles, savoir comment évolue leur activité, si leur site internet leur apporte satisfaction, s'ils ont de nouveaux besoins ou des projets en préparation.
Entretenir la relation, tout simplement.
C'est du bon sens commercial. Et après plus de 20 ans à la tête de mon agence, je n'ai pas besoin qu'on me l'explique.
Pourtant, depuis le lancement du challenge, je n'ai toujours pas vraiment commencé.
Pourquoi ?
Parce que chaque matin, j'arrive avec une liste de choses à terminer.
Un site à finaliser. Un client qui attend une réponse. Un devis à préparer. Une modification à effectuer. Un projet qui devait être terminé hier. Et les tâches qui arrivent pour demain.
Je suis constamment dans la production.
Et quand je termine ma journée, j'ai travaillé. Beaucoup, même.
Mais je n'ai pas forcément fait avancer le développement de mon entreprise.
La théorie est pourtant tellement simple.
Prenons mes 180 clients.
Si je contacte 5 clients par jour, il me faut 36 jours ouvrés.
Si j'en contacte 10, il me faut 18 jours ouvrés.
Même en ne consacrant qu'une petite partie de mes journées à cette activité, je pourrais avoir repris contact avec l'ensemble de mes clients en quelques semaines.
Sur le papier, c'est presque ridicule de simplicité.
Alors pourquoi est-ce si compliqué ?
Parce qu'en pratique, il y a toujours quelque chose de plus urgent.
Et c'est là que je commence à voir le véritable problème.
Je laisse l'urgence des autres décider de l'organisation de mes journées.
Des clients satisfaits. Mais à quel prix en interne ?
Je crois sincèrement que nos clients sont globalement contents de notre travail.
Nous sommes disponibles. Nous répondons. Nous cherchons des solutions. Nous nous adaptons. Nous faisons parfois des efforts supplémentaires pour terminer un projet ou débloquer une situation.
C'est aussi ce qui fait la réputation d'igeneve depuis toutes ces années.
Et je ne veux surtout pas perdre cela.
Mais il y a une question que je me pose de plus en plus :
Est-ce qu'à force de vouloir satisfaire tout le monde, on finit par négliger sa propre entreprise ?
Parce qu'en interne, la réalité est parfois différente de ce que voient nos clients.
Un planning qui déborde. Des tâches administratives repoussées. Des idées qui n'avancent pas. Des processus à améliorer. Des projets internes en attente.
Et surtout, cette impression permanente de courir après le temps.
Le client est satisfait parce que son projet avance.
Mais de mon côté, je termine parfois la journée avec le sentiment de ne pas avoir avancé sur l'essentiel.
C'est assez paradoxal.
Je dirige une agence qui accompagne les entreprises dans leur développement, leur visibilité et leur organisation digitale.
Et je peine moi-même à dégager du temps pour développer la mienne.
Être occupé n'est pas forcément être productif.
C'est probablement l'une des plus grosses leçons de ces deux premières semaines.
Je peux passer dix heures au bureau.
Répondre à vingt emails.
Participer à trois rendez-vous.
Faire avancer plusieurs projets.
Résoudre quelques problèmes techniques.
Et rentrer chez moi en ayant le sentiment d'avoir accompli énormément de choses.
Mais si je regarde mon Challenge120K, combien de nouvelles opportunités ai-je réellement créées ?
Parfois aucune.
Attention, le travail pour les clients est indispensable. C'est lui qui fait vivre l'agence.
Mais si 100 % de mon énergie passe dans la production, qui s'occupe de préparer les prochains mois ?
Qui développe les nouvelles offres ?
Qui reprend contact avec les anciens clients ?
Qui prospecte ?
Qui améliore notre organisation ?
Qui prend du recul ?
En théorie, c'est mon rôle de dirigeant.
En pratique, je suis encore trop souvent le premier à replonger dans l'opérationnel.
Et si je bloquais une journée par semaine pour igeneve ?
J'y réfléchis sérieusement.
Une journée entière, chaque semaine, consacrée uniquement à l'entreprise.
Pas aux demandes clients du jour.
Pas aux petites modifications de dernière minute.
Pas à la production.
Une journée pour travailler sur igeneve, et pas seulement dans igeneve.
Au programme : prendre des nouvelles des clients, relancer les devis, travailler sur les offres, améliorer nos processus, suivre nos chiffres, organiser les prochaines actions commerciales.
Cela représente 20 % d'une semaine de cinq jours.
Sur le papier, c'est énorme.
Dans la réalité, c'est peut-être exactement ce qu'il nous manque.
Mais je vois déjà la difficulté.
Que se passe-t-il si un client m'appelle pour une urgence ?
Si un projet prend du retard ?
Si l'équipe a besoin de moi ?
Si une opportunité importante arrive ?
Je me connais. Je risque de faire une exception.
Puis deux.
Et au bout de quelques semaines, cette fameuse journée interne aura disparu.
Peut-être que la vraie solution n'est pas seulement de bloquer du temps dans mon agenda.
C'est d'apprendre à respecter ce temps avec autant de sérieux que celui que je réserve à mes clients.
Après tout, quand un client réserve un rendez-vous avec moi, je ne l'annule pas simplement parce que j'ai des emails en retard.
Pourquoi est-ce que je le fais lorsque le rendez-vous est avec ma propre entreprise ?
La réalité d'une petite agence
Il y a une autre difficulté dont on parle moins.
Dans une petite structure, le dirigeant porte souvent plusieurs casquettes.
Commercial le matin.
Chef de projet à midi.
Technicien l'après-midi.
Comptable, responsable RH ou stratège en fin de journée.
Et parfois un peu de tout en même temps.
Je pourrais dire qu'il suffit de déléguer davantage.
C'est certainement une partie de la solution (même si déjà le cas).
Mais déléguer demande aussi du temps. Il faut expliquer, former, organiser, contrôler, faire confiance.
Et lorsqu'on est déjà en retard sur la production, on se retrouve facilement à penser :
« Je vais le faire moi-même, ça ira plus vite. »
Sauf qu'en raisonnant comme ça depuis des années, on finit par construire une organisation dans laquelle tout ou presque continue de passer par soi.
Et c'est un vrai sujet pour moi.
Pas seulement dans le cadre des 90 jours du challenge.
Mais pour l'avenir d'igeneve.
Ce que je vais essayer de changer
Je n'ai pas envie d'écrire un article sur l'organisation du temps pour ensuite continuer exactement comme avant.
Alors je vais tester quelque chose.
Me réserver une vraie plage de temps hebdomadaire pour les tâches internes et commerciales.
Et surtout, arrêter d'attendre que la production soit terminée pour contacter mes clients.
Parce que cette journée où tout sera terminé, où aucun email ne sera en attente, où tous les projets seront parfaitement à jour...
Je crois qu'elle n'existe tout simplement pas.
Je vais également commencer plus modestement : 5 contacts par jour.
Pas 30.
Pas une campagne commerciale ex
Les chiffres du jour
- Prospection
- 0
- Emails
- 0
- Clients
- 0
- Appels
- 0
- Rendez-vous
- 3
- Propositions
- 0
- Ventes
- 1
- CA signé (CHF)
- 3’230
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